VERS LES AUTRES ARCHIVES

Telex du jour.

09.11.2001

Avons enfin attrapé l'alizé.
Ciel couvert, une ligne de grains a libéré l'alizé. Depuis plusieurs heures Temenos marche entre 13 et 17 nœuds sur la route. Espérons réduire un peu l'écart avec le peloton.
TEMENOS.

* * * *

En s'arrêtant au Cap Vert où leur trimaran doit recevoir un nouveau gennaker, le trimaran de Lalou Roucayrol et d'Yves Parlier sera le 4ème bateau à réclamer une assistance matérielle depuis le départ de la transat Jacques Vabre.
Qu'il s'agisse de voile (plusieurs centaines de mètres carrés), de lattes (plusieurs mètres de long), de safran ou encore, à plus petite échelle, d'alternateur électrique, ces acheminements effectués dans la plus grande des urgences, se transforment bien souvent en véritables chemins de croix pour les équipes techniques.
Les professionnels sont aussi largement sollicités. L'escale programmée de Temenos à Madère, n'aurait pu être menée à bien sans la participation active de la voilerie Incidence de la Rochelle, dont les équipes se sont mobilisées pour confectionner un nouveau spi en à peine plus de 24 heures, et de celle des chantiers JMV, sans qui l'acheminement express de l'alternateur n'aurait pas été possible.

Dans cette folle course contre la montre, les impondérables sont nombreux et souvent inévitables. Tout au long de la journée d'hier, le staff technique de Temenos a du composer avec retards aériens et annulation de vol de dernière minute.
Bertrand De Broc et Pascal Bidégorry, quant à eux, attendaient toujours leurs deux nouvelles lattes; L' affrètement de celles-ci ayant été refusé par les compagnies aériennes, c'est finalement par la route qu'elles seront acheminées jusqu'à la marina de Cascaïs (Portugal). Conséquences fâcheuses de ce contre-temps, le bateau n'avait, cet après-midi encore, pas pu reprendre la mer et Bertrand De Broc, impuissant, ne pouvait qu'assister à la véritable "envolée" de ses petits camarades.
A l'inverse pour Franck Cammas, "l'arrêt au stand" n'aura été que de courte durée malgré l'ampleur des travaux à effectuer. Il n'aura en effet, fallu qu'une heure à son équipe pour procéder au changement d'un des safrans du trimaran et de son hook de tangon, un véritable exploit !


Les conditions météo manquaient cruellement de vigueur ce matin

Profitant de l'accalmie matinale, Michèle, désormais surnommée "Miche Gyver" par Dominique, a sorti vis et perceuse pour refixer l'antenne du téléphone Iridium qui avait été arrachée, il y a deux jours, par une violente déferlante.
Le démontage de l'alternateur défectueux a permis, aux deux co-skippers, de s'assurer de l'origine interne de la panne, avant de procéder à l'installation de l'appareil de rechange.


En attendant l'amélioration des conditions météo, Michèle avait provisoirement
refixé l'antenne à l'aide de grey-tape (NDLR, scotch marinisé, très résistant)


PHOTO Temenos a longé l'île de Madère toute la nuit, jusqu'au petit matin

Ce soir, Temenos se trouvait à une centaine de milles dans le Nord des Canaries.
"Le bateau va bien mais le vent est léger. On a 10 nœuds de Nord - Est et on marche à 10-12 nœuds. On vient d'avoir un bon grain, on est resté ¾ d'heure, scotché sans vent; Un gros nuage noir nous est arrivé dessus, le vent est complètement tombé et on s'est retrouvé sous des trombes d'eau. On se serait cru dans le pot au noir !" racontait Michèle ce soir, lors d'une courte vacation radio.

En quittant Madère, les duettistes ont reçu la visite surprise d'un 3ème équipier.


Au fait, la transat ne devait-elle pas se dérouler en double ?


Quoi de mieux que le douillet d'un col en fourrure polaire pour faire un bon petit somme ?

Quelques heures plus tard, revigoré et rassasié grâce aux miettes de pain lancées par Michèle sur le pont, le petit passager clandestin à plumes a préféré retourner à Madère.
Le Brésil a dû lui sembler un peu trop loin…


* * * *

Communiqué de presse du vendredi 09 novembre 01 - 13 h 30

Temenos a fait son entrée hier soir, 21 h 30 (heure française), dans l'avant port de commerce de Funchal (Madère). Contrairement aux bateaux de Franck Cammas et de Bertrand De Broc, aucune réparation n'a été effectuée à bord du monocoque durant cette escale, seul du matériel y a été embarqué. Conformément aux instructions de course, (NDLR, les bateaux doivent impérativement être amarrés avant de recevoir toutes assistances techniques ou matérielles), la mise à bord du nouveau spi et de l'alternateur de rechange s'est effectuée à quai.
Parti pour un "stop and go" de quelques minutes seulement, le tandem jouant une nouvelle fois de malchance, a dû finalement patienter durant plus de 2 h avant de voir l'alternateur, parti de Cherbourg le matin même, arriver avec plusieurs heures de retard sur Madère.
En panne d'alternateur depuis deux jours, les skippers devaient surveiller leur consommation énergétique, le rendement des panneaux solaires ne suffisant pas à couvrir celle des appareils du bord et notamment celle des pilotes automatiques.

Ressorti quelques 2 heures et 20 minutes plus tard, le tandem affichait plus de 200 milles de retard sur les leaders de la flotte des monocoques. La cadence imprimée par les premiers ne leur laisse que très peu d'espoirs de revenir dans les hauteurs du classement.
Dans ce contexte, retrouver une motivation intacte est un exercice difficile pour les deux navigateurs qui nourrissaient, pour cette transat, bien d'autres ambitions.
Ce début de course émaillé de nombreux problèmes, les oblige à reconsidérer leurs objectifs. Malgré tout, le couple refuse de baisser les bras et aborde cette 2ème partie de course avec force et détermination.
Tenace, Michèle déclarait hier soir, avant de quitter Madère :
"On part avec un sérieux handicap, on en est bien conscient mais nous allons nous battre coûte que coûte. On a vraiment à coeur d'aller au bout de cette transat.
La situation météo est assez complexe et on espère qu'elle va autoriser les coups.
C'est sur, on sera plus joueur sur cette dernière partie de course que si on avait eu une bonne place à sauvegarder."

Joints en fin de matinée, les 2 co-skippers avaient déjà pu procéder au remplacement de l'alternateur défectueux. De concert avec Météo Suisse, Michèle et Dominique étudiaient leur stratégie à moyen terme.
"Depuis ce matin, c'est très mou." commentait Michèle.
"Pour la suite, on mise sur le rétablissement des alizés. On va certainement mettre de l'Est dans notre route. Cela rimerait à rien de nous recaler

http://www.jacques-vabre.com

Retrouvez les photos des premières navigations de Temenos dans la banque d'images du site…

 

Pour tout renseignement, merci de bien vouloir nous contacter:

Bleue Salée
Service Presse Dominique Wavre
72 route de Grenoble
F-06200 Nice
Tél : +33 (0)680 33 58 76
Fax : + 33 (0)493 18 95 19

email : bleuesalee@aol.com

 

Site créé et hébergé par Cyber Network SA



Tenu à jour par Loïc Etienne

.