Avons enfin attrapé
l'alizé.
Ciel couvert, une ligne de grains a libéré l'alizé. Depuis
plusieurs heures Temenos marche entre 13 et 17 nuds sur la route. Espérons
réduire un peu l'écart avec le peloton.
TEMENOS.
* * * *
En s'arrêtant au
Cap Vert où leur trimaran doit recevoir un nouveau gennaker, le trimaran
de Lalou Roucayrol et d'Yves Parlier sera le 4ème bateau à réclamer
une assistance matérielle depuis le départ de la transat Jacques
Vabre.
Qu'il s'agisse de voile (plusieurs centaines de mètres carrés),
de lattes (plusieurs mètres de long), de safran ou encore, à
plus petite échelle, d'alternateur électrique, ces acheminements
effectués dans la plus grande des urgences, se transforment bien souvent
en véritables chemins de croix pour les équipes techniques.
Les professionnels sont aussi largement sollicités. L'escale programmée
de Temenos à Madère, n'aurait pu être menée à
bien sans la participation active de la voilerie Incidence de la Rochelle,
dont les équipes se sont mobilisées pour confectionner un nouveau
spi en à peine plus de 24 heures, et de celle des chantiers JMV, sans
qui l'acheminement express de l'alternateur n'aurait pas été
possible.
Dans cette folle course
contre la montre, les impondérables sont nombreux et souvent inévitables.
Tout au long de la journée d'hier, le staff technique de Temenos a
du composer avec retards aériens et annulation de vol de dernière
minute.
Bertrand De Broc et Pascal Bidégorry, quant à eux, attendaient
toujours leurs deux nouvelles lattes; L' affrètement de celles-ci ayant
été refusé par les compagnies aériennes, c'est
finalement par la route qu'elles seront acheminées jusqu'à la
marina de Cascaïs (Portugal). Conséquences fâcheuses de
ce contre-temps, le bateau n'avait, cet après-midi encore, pas pu reprendre
la mer et Bertrand De Broc, impuissant, ne pouvait qu'assister à la
véritable "envolée" de ses petits camarades.
A l'inverse pour Franck Cammas, "l'arrêt au stand" n'aura
été que de courte durée malgré l'ampleur des travaux
à effectuer. Il n'aura en effet, fallu qu'une heure à son équipe
pour procéder au changement d'un des safrans du trimaran et de son
hook de tangon, un véritable exploit !

Les conditions météo manquaient cruellement de vigueur ce matin
Profitant de l'accalmie
matinale, Michèle, désormais surnommée "Miche Gyver"
par Dominique, a sorti vis et perceuse pour refixer l'antenne du téléphone
Iridium qui avait été arrachée, il y a deux jours, par
une violente déferlante.
Le démontage de l'alternateur défectueux a permis, aux deux
co-skippers, de s'assurer de l'origine interne de la panne, avant de procéder
à l'installation de l'appareil de rechange.

En attendant l'amélioration des conditions météo, Michèle
avait provisoirement
refixé l'antenne à l'aide de grey-tape (NDLR, scotch marinisé,
très résistant)

PHOTO Temenos a longé l'île de Madère toute la nuit, jusqu'au
petit matin
Ce soir, Temenos se trouvait
à une centaine de milles dans le Nord des Canaries.
"Le bateau va bien mais le vent est léger. On a 10 nuds
de Nord - Est et on marche à 10-12 nuds. On vient d'avoir un
bon grain, on est resté ¾ d'heure, scotché sans vent;
Un gros nuage noir nous est arrivé dessus, le vent est complètement
tombé et on s'est retrouvé sous des trombes d'eau. On se serait
cru dans le pot au noir !" racontait Michèle ce soir, lors d'une
courte vacation radio.
En quittant Madère,
les duettistes ont reçu la visite surprise d'un 3ème équipier.

Au fait, la transat ne devait-elle pas se dérouler
en double ?

Quoi de mieux que le douillet d'un col en fourrure polaire pour faire un bon
petit somme ?
Quelques heures plus tard,
revigoré et rassasié grâce aux miettes de pain lancées
par Michèle sur le pont, le petit passager clandestin à plumes
a préféré retourner à Madère.
Le Brésil a dû lui sembler un peu trop loin
* * * *
Communiqué de presse
du vendredi 09 novembre 01 - 13 h 30
Temenos a fait son entrée
hier soir, 21 h 30 (heure française), dans l'avant port de commerce
de Funchal (Madère). Contrairement aux bateaux de Franck Cammas et
de Bertrand De Broc, aucune réparation n'a été effectuée
à bord du monocoque durant cette escale, seul du matériel y
a été embarqué. Conformément aux instructions
de course, (NDLR, les bateaux doivent impérativement être amarrés
avant de recevoir toutes assistances techniques ou matérielles), la
mise à bord du nouveau spi et de l'alternateur de rechange s'est effectuée
à quai.
Parti pour un "stop and go" de quelques minutes seulement, le tandem
jouant une nouvelle fois de malchance, a dû finalement patienter durant
plus de 2 h avant de voir l'alternateur, parti de Cherbourg le matin même,
arriver avec plusieurs heures de retard sur Madère.
En panne d'alternateur depuis deux jours, les skippers devaient surveiller
leur consommation énergétique, le rendement des panneaux solaires
ne suffisant pas à couvrir celle des appareils du bord et notamment
celle des pilotes automatiques.
Ressorti quelques 2 heures
et 20 minutes plus tard, le tandem affichait plus de 200 milles de retard
sur les leaders de la flotte des monocoques. La cadence imprimée par
les premiers ne leur laisse que très peu d'espoirs de revenir dans
les hauteurs du classement.
Dans ce contexte, retrouver une motivation intacte est un exercice difficile
pour les deux navigateurs qui nourrissaient, pour cette transat, bien d'autres
ambitions.
Ce début de course émaillé de nombreux problèmes,
les oblige à reconsidérer leurs objectifs. Malgré tout,
le couple refuse de baisser les bras et aborde cette 2ème partie de
course avec force et détermination.
Tenace, Michèle déclarait hier soir, avant de quitter Madère
:
"On part avec un sérieux handicap, on en est bien conscient mais
nous allons nous battre coûte que coûte. On a vraiment à
coeur d'aller au bout de cette transat.
La situation météo est assez complexe et on espère qu'elle
va autoriser les coups.
C'est sur, on sera plus joueur sur cette dernière partie de course
que si on avait eu une bonne place à sauvegarder."
Joints en fin de matinée,
les 2 co-skippers avaient déjà pu procéder au remplacement
de l'alternateur défectueux. De concert avec Météo Suisse,
Michèle et Dominique étudiaient leur stratégie à
moyen terme.
"Depuis ce matin, c'est très mou." commentait Michèle.
"Pour la suite, on mise sur le rétablissement des alizés.
On va certainement mettre de l'Est dans notre route. Cela rimerait à
rien de nous recaler
http://www.jacques-vabre.com
Retrouvez
les photos des premières navigations de Temenos dans la banque d'images
du site