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Temenos dans le Pot au Noir…

15.11.2001

Pot au Noir oblige, ce sont 2 petites minutes seulement que Michèle consacrera à la vacation de ce soir, juste le temps pour elle de nous rassurer sur les conditions que l'équipage rencontrait actuellement.
Jusqu'alors les deux co-skippers avaient réussi à zigzaguer entre trois gros grains, évitant ainsi, le ralentissement franc du monocoque. Temenos progressait encore à un peu plus de 8 nœuds à 21 h 30.

Concernant le décalage dans l'Ouest sur lequel se penchait le tandem hier soir, il a assez vite été écarté des options possibles. Aux dires de Michèle, cela ne "rimait pas à grand chose de se recaler derrière les leaders. On accepte la prise de risque; Le Pot au Noir sera peut-être un peu moins étendu pour les bateaux à l'Ouest mais en étant plus Est on ressortira avec un angle de vent normalement plus favorable."

En attendant le dénouement de ce feuilleton océanique, il nous reste à souhaiter à Michèle et Dominique une nuit un peu plus calme que la précédente ! (cf. récit plus bas)

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Communiqué de presse du jeudi 15 novembre 01

Alors que les monocoques situés plus à l'Ouest commençaient à peine à connaître les prémices d'un Pot Au Noir clément, à bord de Temenos, les hostilités avaient bel et bien commencé. Dés les premières heures de la nuit, Temenos pourtant encore assez Nord, pointait son étrave dans cette fameuse zone de non droit climatique obligeant les 2 co-skippers à une brusque et violente entrée en matière.
Nuit noire, grains violents, trombes d'eau, vent anarchique, éclairs, tonnerres, ambiance apocalyptique, tous les ingrédients du Pot Au Noir étaient réunis. Pris dans ce tourbillon météorologique, on imagine combien la nuit a dû être dure pour les organismes.

"Cette nuit, un vrai cauchemar "lancera Michèle ce matin (11 h 45), "on s'est pris grain sur grain, il y en avait de tous les côtés. On s'y attendait un peu, on avait descendu le spi et on restait extrêmement vigilant sur le pont.
Le problème c'est que tu n'y vois rien, tu ne peux rien faire pour les éviter. Et puis, il y a un moment où tu sens la pression du vent qui te pousse dans le dos, le bateau part à fond... C'est monté à 38 noeuds la dernière fois que j'ai regardé les cadrans. Tu sais que si tu dévies d'un degré à bâbord ou à tribord le bateau part "au tas" ; le vent a continué à monter et on n'a envoyé le bateau au lof pour éviter les dégâts d'un départ à l'abattée.
On a pu affaler le génois et descendre la grand-voile au 3ème ris en attendant que ça passe. Pendant une 1/2 heure on est resté à l'intérieur de l'orage, le bateau vibrait, c'était impressionnant. On a vite éteint les appareils et débranché les prises des capteurs en bas du mât" (NDLR, afin d'éviter d'endommager les instruments électroniques en cas de foudre venant à tomber sur le mat du bateau).

Si de jour les skippers, à force d'observations, peuvent tenter de s'extirper de la trajectoire des grains en les contournant, de nuit il faut s'en remettre au hasard.
"La nuit est très noire, il n'y a aucune étoile, tu ne les vois pas arriver...
Sous certains nuages tu vas trouver 40 noeuds refusant ou adonnant, et sous d'autres c'est trombes d'eau et pétole !
C'est "in-négociable", c'est ingérable, c'est le Pot Au Noir !"rajoutera Michèle.

"Après ça, on est resté planté 2 ou 3 heures dans la mauvaise direction...
Le vent n'arrête pas de tourner toutes les 5 minutes, tu passes ton temps à régler le bateau, le tout dans une ambiance de fin du monde."

Depuis le milieu de matinée, les deux co-skippers fatigués par cette nuit difficile, avaient retrouvé un vent stable mais restaient extrêmement prudents quant à la suite des événements
"Cette nuit on a essayé de se faire des petites tranches de sommeil de quelques minutes en restant dans le cockpit pour être prêt à réagir en cas de besoin, mais dans ces conditions de stress, c'est difficile de décompresser. Ce matin ça va mieux, il y a un nuage sur le côté qui génère un bon petit vent stable. Le bateau est bien calé au bon plein, on marche à 15-18 noeuds. On a va essayer de récupérer un peu et de faire sécher nos habits.
Pourvu que ça dure !
Malheureusement on sait très bien que cela peut s'arrêter dans 5 minutes comme dans 3 heures..."

A signaler également la progression de Temenos qui pointait, ce matin, en 5ème position. La bonne marche du monocoque se confirmait au classement de 12 h 00, il affichait, alors, une vitesse de 14,9 noeuds.

http://www.jacques-vabre.com

Retrouvez les photos des premières navigations de Temenos dans la banque d'images du site…

 

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Tenu à jour par Loïc Etienne

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