Depuis hier,
milieu d'après-midi, Temenos navigue dans l'hémisphère
Sud. Comme le précisait Michèle dans l'un de ses télexs,
"aucun bizutage au programme", le bateau tout comme ses 2 co-skippers
ayant déjà franchi l'équateur, à plusieurs reprises.
Hier, la fuite du puits de dérive avait pu être provisoirement
colmatée à l'aide de pâte de résine. Pourtant assez
rapidement, les contraintes importantes exercées sur la dérive,
au prés, avaient eu raison de la réparation.
"On était passé d'une fuite de 300 litres / heure à
50 litres / heure, mais on a pu descendre la dérive ; Le bateau était
un peu ardent à la barre mais cela nous a permis de gagner en cap."
Heureusement, assez vite et conformément aux prévisions météo,
le vent a adonné et Temenos peut désormais faire route directe
et ce, malgré l'absence de dérive.
Désormais 7ème,
Dominique analysait ce matin, le recul de son monocoque, au classement :
"Dés la sortie du Pot au Noir, l'absence de dérive nous
a pénalisé ; On faisait un mauvais cap par rapport au reste
de la flotte et on a perdu un peu de terrain à ce moment-là.
Depuis le vent adonne et forcit, par l'avant ; C'est donc logiquement la tête
de la flotte qui en retire les dividendes avant nous. On est en train de jouer
à l'accordéon. L'écart devrait normalement se stabiliser
aux larges des côtes du Brésil où tout le monde devrait
avoir des conditions de vent similaires."
Cette première
nuit passée dans l'hémisphère Sud figurera, aux dires
de Michèle, comme l'une des plus belles nuits vécues sur cette
transat.
"Il y a eu quelques grains mais surtout une kyrielle d'étoiles
filantes. En l'espace d'une heure, j'en ai compté plus d'une trentaine.
Le bateau glissait à 18 noeuds, c'était grandiose ! Depuis ce
matin, le vent a un peu molli et on navigue sous foc entre 13 et 15 noeuds."
S'ils parviennent à
coup de petites périodes de charge moteur, n'excédant jamais
les 20 minutes, à assurer sans trop de contrainte, le fonctionnement
du pilote automatique, ce problème engendre d'autres petits inconvénients
à bord...
"On a enlevé tout le camouflage moteur (NDLR, caisson qui entoure
le moteur) pour retarder un peu la surchauffe de l'alternateur. Dés
que l'on met le moteur en route, on a l'impression d'être dans une chaudière.
En plus, les bannettes sont juste à côté du moteur, ça
fait un bruit infernal, c'est l'horreur.
Je croyais avoir trouvé une parade cette nuit, en allant me coucher
dans le spi à l'avant du bateau. Il était complètement
trempé à cause de la fuite du puits de dérive, cela faisait
un peu "sploch, sploch" à telle enseigne que j'avais mis
mon ciré mais au moins j'ai pu assez vite trouver le sommeil.
Je me suis réveillée en catastrophe sur une accélération
du bateau, à l'avant les bruits raisonnent vraiment beaucoup, je ne
savais plus où j'étais dans ce compartiment tout noir !
Encore à moitié dans mon sommeil, j'étais sure que le
bateau était en train de partir "au tas"; Je suis montée
sur le pont à toute allure, et Dominique qui était tranquillement
à la barre m'a regardé avec des yeux ronds ! Après toutes
ces émotions inutiles, je suis retournée me coucher mais à
côté du moteur, cette fois !
A peine endormie depuis 5 minutes, Dominique venait me réveiller pour
mon quart. Il est impitoyable ce skipper !"
Joint en fin de matinée,
le tandem confirmait son ETA (estimation d'arrivée) pour mardi après-midi.
Profitant des températures
tropicales, Michèle a pu prendre une petite (savonnage à l'eau
de mer et rinçage succinct avec 2 litres d'eau douce !) douche.

Michèle sous la douche !! Photo censurée par
Dominique !
18 mètres de long
et pourtant, à certains moments, les concurrents de la transat Jacques
Vabre, doivent trouver leur embarcation bien petite...

Pas moins de 3 étages de containers et 2 grues à bord de ce
montre de ferraille, Impressionnant !

Gloup, gloup, une bonne gorgée (d'eau) pour célébrer
dignement le passage de l'équateur...

Mais ou sont donc passés les skippers ?
http://www.jacques-vabre.com
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