Si Temenos
s'est avéré bon élève dans le petit temps, restait
encore à découvrir son potentiel dans des vents plus soutenus.
C'était un des points forts du monocoque dans sa "configuration
Vendée Globe".
Jusqu'alors, les navigations dans les eaux de Cherbourg s'étaient déroulées
dans des vents faibles à médium dépassant rarement les
20 nuds, les dépressions parvenant seules à faire grimper
l'anémomètre, mais souvent à plus de 45 nuds !
Dans ce contexte et à moins de 3 semaines du départ de la course,
l'esprit marin prévaut toujours. Sortir dans de telles conditions,
c'est faire prendre de gros risques au bateau et c'est le meilleur moyen de
voir son billet pour Bahia partir en fumée

L'appel du large
Le flux de sud-est modéré
à assez fort qui soufflait sur Cherbourg, la semaine dernière
a permis de combler les quelques petites incertitudes qui subsistaient encore
dans le tableau de marche de Temenos. Pour leur plus grand bonheur, Dominique
et Michèle ont pu ressortir les cirés.

Enfin! Les cirés sont de sortie !

Michèle et Dominique à la manuvre dès la sortie
du port
Malgré des rafales
avoisinant les 35 nuds ce jour-là, le programme des entraînements
des duettistes reste inchangé. A chaque sortie c'est une kyrielle d'empannages,
de virements et de changements de voiles qui se succèdent.

OH

HISSE !
Grâce à ce
rythme intensif, Dominique et Michèle n'auront pas mis longtemps à
s'habituer aux manuvres avec le nouveau gréement, et à
l'utilisation des 2 dérives.
"Les manuvres
se déroulent mieux qu'avant, dans cette configuration le bateau vire
plus facilement
On a fait le test avec un plan de voilure volontairement déséquilibré
(grand-voile à 1 ris et trinquette) on a réussi le virement
sans le ballast d'inertie (les vannes de transfert du ballast étaient
en révision ce jour-là) sans aucun problème.
Le bateau allégé à moins tendance à tanguer, il
est plus manuvrant. A la barre, il est beaucoup plus vivace, plus fougueux.
Il va falloir se méfier davantage dans les moments un peu musclés.
Plus fougueux mais aussi
plus volage, le monocoque demandera donc plus d'attention à ses 2 co-skippers.
En évoquant durant son Vendée Globe, le comportement particulièrement
sain du bateau dans le gros temps et notamment dans le Grand Sud, Dominique
disait du monocoque qu'il donnait l'impression d'être sur des rails.
Lorsque l'on demande au skipper si la métaphore est toujours d'actualité,
il acquiesce mais avec une légère nuance cependant:
"Les rails sont juste un peu plus étroits !"
Parti en direction du large à vive allure sous spi, avec des pointes
de vitesse dépassant régulièrement les 19 nuds,
Temenos doit malheureusement faire demi-tour si nous voulons pouvoir rentrer
au port avec la pleine mer.
Le temps passe si vite sous spi !

Une petite accélération qui donne le sourire à Michèle
!
Très (trop?) vite, Temenos laisse Cherbourg dans son sillage
Le retour au prés,
allure moins rapide mais surtout, ô combien moins confortable, nous
fera rentrer l'appareil photo dans son étui, les vagues balayant régulièrement
le pont.
Au cours de cette même
semaine, les 2 co-skippers ont eu l'occasion de passer une nuit en mer, afin
de s'assurer que tous les éclairages (feux de mât, électronique,
ordinateurs
) fonctionnaient correctement en nocturne et ont pu commencer
à prendre le rythme des quarts. Sur un parcours improvisé dicté
en dernière minute par la météo, le tandem a privilégié
les changements d'allures afin de finir d'étalonner tous les instruments
du bord.
Le départ pour
le Havre est prévu pour mercredi 24 octobre, tous les bateaux
devant être à disposition du comité de course le 26 à
partir de 12 h.
Michèle et Dominique embarqueront seuls à bord de Temenos pour
cette navigation d'environ 70 milles où des vents de sud-ouest de 30
nuds sont attendus : Un convoyage qui s'annonce rapide !
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