Ce
matin, Dominique reprenait à Thomas la cinquième
place après une nuit très occupée
que le skipper du bateau vert et blanc avait passée
en ciré, recroquevillé dans la descente:
"J'ai beaucoup manoeuvré cette nuit, le
vent est très erratique et mollissant. J'ai
repris et relâché le ris plusieurs fois.
Il y a une déchirure sur le point d'écoute
du premier ris. La voile est fatiguée."
Les
avaries sont désormais les angoisses des skippers,
Ellen en a fait les frais il y a deux jours, subissant
la rupture de son étai principal, (câble
chargé de maintenir le mât dans sa partie
supérieure et par la même occasion le
génoa). Elle a de justesse réussi à
éviter un démâtage en intervenant
très rapidement. Ellen est donc obligée
de ralentir fortement la cadence et devra naviguer
sous voilure réduite jusqu'à son arrivée
dans un peu plus de 600 milles.
Ellen
n'a dans un premier temps pas souhaité parler
de son avarie et ne l'a annoncé que deux jours
plus tard (ce matin). Depuis une dizaine de jours,
la malchance et les avaries s'enchaînent sur
Kingfisher et l'anglaise se dit malheureuse de ne
pas pouvoir ramener son bateau en bon état.
Elle pourrait arriver dimanche si le vent se maintient.
Le
manque de vent par rapport à une météo
incertaine, et menaçante, est aussi l'obsession
des skippers. Le fait de ne pas avancer peut être
ressenti comme une punition injuste, alors que l'arrivée
s'approche et que d'autres avancent à pleine
vitesse. La situation météo pour Dominique
et Thomas se corsait en fin d'après midi aujourd'hui,
le vent décidait de mollir franchement. A 16H00
TU, le speedo d'Union Bancaire Privée n'affichait
plus que 2 petits noeuds de vitesse. Les deux skippers
impatients et surpris de cet arrêt non prévu
par les fichiers météo dans la zone
où ils se trouvaient alors, s'angoissaient
à l'idée que ce calme soit réservé
à un seul d'entre eux. Trés vite, ils
se sont appelés et ont appris presque "soulagés"
que les deux bateaux partageaient ce manque de vent
... Le déplacement de la petite bulle qui les
bloque va sans doute décider de leur sort.
Pour ces prochains jours, Dominique vise le sud de
la dépression située actuellement dans
l'Atlantique Nord. " Les deux anticyclones (des
Bermudes et des Acores) se sont tellement rapprochés
l'un de l'autre qu'un tampon s'est produit entre les
deux, et cette bulle qui devait d'après les
fichiers se créer 500 milles plus à
l'ouest est venue se poser sur nous. Il faut arriver
à se positionner au nord de cette bulle afin
d'arriver à prendre le bord du talweg, c'est
le train qui nous permettrait une porte de sortie
rapide de l'anticyclone... cela dépendra du
bon vouloir d'Eole ; le déplacement de cette
bulle est imprévisible et si elle nous engloutit
on rate le train. Ce soir nous marchons à 6
noeuds vers le Nord, le vent est revenu au secteur
Est Sud Est, un peu plus régulier. L'anticyclone
des Acores pourrait repousser la bulle vers l'ouest
et nous laisser passer ? Il faudra attendre la fin
de la journée de demain pour la réponse
; je vais finir par faire des incantations, je sais
que d'autres ont déjà essayé!"
Encore
du suspense pour le public passionné et de
plus en plus attentif en cette veille d'arrivée.
Suspense
aussi pour ces deux skippers (Dominique et Thomas)
en proie avec les complications d'une météo
décidément capricieuse à leur
passage. Ils sont tous deux d'accord sur ce fait et
l'optique de rater à nouveau une belle opportunité
rend la vie difficile à bord.
Les
nerfs sont aiguisés, à fleur de peau
et eux seuls, qui vivent dans cet autre monde, qui
partagent la même histoire, peuvent réellement
se comprendre mieux que quiconque ; Pourtant la course
est là, omniprésente, envahissante et
la bagarre pour la 5ème place continue...
Le
vent très changeant, oblige à énormément
d'attention et une présence accrue sur le pont,
des variations de plus de 40° rallongent les périodes
de barre et diminuent d'autant celles de sommeil.
La mer reste formée, ce qui ralentit beaucoup
le bateau et empêche les relances: "ce
n'est pas le temps préféré du
bateau, ni le mien d'ailleurs, j'ai une impression
de déjà vécu!
Nous
gardons avec Thomas notre Mini M (téléphone
par satellite) en route, afin de pouvoir se prévenir
en cas de croisement avec des obstacles imprévus,
on se donne les positions et le déplacement
s'il s'agit d'un cargo".
Michel Desjoyeaux devrait arriver demain samedi aux
Sables d'Olonne après 92 jours de solitude,
des centaines de milliers de personne seront présentes
cette fin de semaine afin d'acceuillir "Mich'Desj"
en HÉROS ! Dernière nuit donc, pour
ce skipper qui disait se préparer psychologiquement
à cette "arrivée bain de foule",
après 93 jours de solitude...
Classement
mi-Journée
1 PRB (Desjoyeaux)
le 09 Feb à 15 : 01 TU 44.35N 8.38W 343m 61°
16.5nds
2 Kingfisher (MacArthur)
le 09 Feb à 13 : 02 TU 43.46 16.32 301 85 12.6
1483 m d'UBP
3 SILL Matines La Potagère (Jourdain)
le 09 Feb à 13 : 13 TU 35.33 29.13 1055 56
17.1 729 milles d'UBP
4 Active Wear (Thiercelin)
le 09 Feb à 14 : 02 TU 37.13 36.36 1308 46
15.2 476m d'UBP
5 Union Bancaire Privée
(Wavre)
le 09 Feb à 13 : 00 TU 22.18N 33.52W 1784m
de PRB 8° 12.5nds
6 Sodebo (Coville)
le 09 Feb à 13 : 03 TU 22.15 34.11 1798 6 11.4
à 14 m d'UBP
7 Whirlpool (Chabaud)
le 09 Feb à 13 : 00 TU 15.04 35.25 2191 354
12.1 à 407 m d'UBP
8 Team Group 4 (Golding)
le 09 Feb à 13 : 00 TU -1 32.27 3008 346 5.35
1224 d'UBP
9 EBP EspritPME Gartmore (Hall)
le 09 Feb à 11 : 00 TU -3.1 33.39 3140 10 6.7
1356 m d'UBP