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13 Juin 2000

Dominique WAVRE
et son bateau
harcelés par des vents violents

Voile: Le Skipper genevois lève le pied pour ménager l'homme et le matériel.

LiseWyler

Décidément, cette transat anglaise se montre à la hauteur de sa réputation. Hommes et matériel sont harcelés par des vents redevenus violents après une courte accalmie. Le skipper a donc eu peu de répit, mais ces quelques heures de calme relatif lui ont permis de faire le point. « Le moral va mieux, c'est dur pour moi de savoir que je suis désormais obligé de lever le pied pour arriver jusqu'à Newport, avoue-t-il. Mais, avec un peu de recul, ce que j'ai déjà vécu m'a permis de constater que le bateau a un phénoménal potentiel de vitesse dans la brise, que le mât tient bon et le bonhomme aussi. »

Pointé en huitième position, Dominique, placé très au nord, navigue en permanence avec deux ris dans la grand-voile. «Elle souffre énormément; elle n'est plus tenue, car les lattes réparées sont trop courtes. J'ai un peu peur du scénario catastrophe. Si elle se déchire, je serai obligé d'avancer sous voile d'avant seule. J'impose à UBP un rythme qui n'est pas le sien, car il est puissant et réclame de la vitesse. C'est un peu comme si j'avais attelé une charrue à un pur-sang.» Après un bon décapage, la cocotte-minute est enfin «réparée» et le Genevois a pu se préparer un petit festin avec au menu des lasagnes, fromage et dessert.

Lorsque le soleil fait son apparition, le rendement des panneaux solaires est suffisant pour alimenter le pilote automatique, l'électronique et l'informatique de bord. En l'absence de soleil, l'énergie est fournie grâce à deux alternateurs alimentés par le moteur mis en marche.

Le skipper étudie dorénavant les cartes météo émises depuis les Etats-Unis. Malgré le pilote qui décroche au près serré, il avance bien. «Lorsque je ferme les yeux,je garde toujours une certaine appréhension, convient-il. je dois être prêt à intervenir et je ne dors que d'un oeil.» Il reste pourtant optimiste: «Je suis heureux de vivre cette expérience forte et riche d'enseignements, déclare-til. C'est pour l'heure dur à vivre, mais je n'en retirerai que du positif pour le Vendée Globe.»

Lundi, Dominique était toujours en huitième position, à 182 milles du leader Ellen Macarthur. Il a mesuré des rafales à 56 noeuds et il a dû beaucoup manceuvrer. «La grand-voile montre une déchirure de 80 centimètres au-dessus du troisième ris. J'essaie de ménager la monture.» Malgré ces conditions assez extrêmes, il plaisantait: «La salle de musculation, en fait le cockpit, est toujours déserte, pas beaucoup de clients, sauf moi... je fabrique de la fibre musculaire sans ingurgiter des hormones de croissance!» L'intérieur du bateau est très humide et fi ne reste qu'une couchette sèche sur les trois du bord.

Quant aux multicoques, ils voient arriver la fin de leur pensum et c'est Francis Joyon qui est en tête.

L.W.

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