Billet d'humeur n°244

Sydney-Hobart
WINCHES ÉLECTRIQUES,
WINCHES ÉTHIQUES?

 

Peut-on laisser régater ensemble des bateaux qui utilisent des winches hydrauliques ou électriques contre ceux qui règlent leurs voiles à la puissance des muscles de l’équipage?

Lors de la dernière Sydney- Hobart, les maxis boats de 30 mètres qui ont dominé la course étaient entièrement tributaires de la puissance électrique délivrée par leurs générateurs.
Le moindre des réglages de ces maxis immenses passe par un lot de vérins hydrauliques que règlent des winches de cockpit actionnés par moteurs électriques et/ou hydrauliques. Cette énorme puissance électrique demande un générateur qui tourne 24 heures sur 24.
Fort bien! Mais les bateaux de plus petite taille utilisent des moulins à cafés et la puissance des winches provient directement des muscles de l’équipage.

Evidemment la règle sous laquelle nous, régatiers normaux, avons l’habitude de courir précise bien que seule la force humaine peut régler les voiles. Evidemment ces machines surpuissantes courent avec des dérogations. Mais je suis un peu fâché d’apprendre que le vainqueur de la Sydney- Hobart est aussi vainqueur en «temps compensé».

Cela signifie-t-il donc que les certificats de jauge sont comparables les uns avec les autres alors qu’à l’évidence, tous les voiliers ne courent pas avec les mêmes moyens? Ouille, voilà que l’on ne compare plus les pommes avec les pommes, mais des fruits et des légumes!
J’aimerais plus d’équité sportive dans ces grandes courses, d’autant plus que les médias relayent les performances de ces maxis en «oubliant» de citer cette différence fondamentale. Soyons un petit peu puristes, même si d’aucuns utilisent des pompes électriques ou mécaniques pour les ballasts, même si d’autres utilisent des vérins hydrauliques pour incliner leurs quilles. Que nos chers (au propre et au figuré!) winches restent actionnés quant à eux par des manivelles!

Que ceux qui utilisent leurs moteurs en continu pendant les courses courent dans une classe à part… et que tout le monde respecte la règle primaire de nos régates, «le voilier ne doit utiliser que l’action naturelle du vent dans les voiles pour sa propulsion en course…»

Bonnes régates d’avant saison à tous…


Dominique Wavre