Mercredi 10 décembre 2008

 

Temenos II s'en va et revient

 

TEMENOS II
Temenos

© Stichelbaut

Situation classique dans le grand Sud les écarts se font et se défont au grès des passages de fronts dépressionnaires et de cellules anticycloniques. En revanche ce qui est plus étonnant, c’est de retrouver après un mois de course et un tiers de la distance parcourue, les 9 premiers bateaux en moins de 100 milles.

Plus de 400 milles parcourus en 24 heures à bord de Temenos II au classement de la mi-journée, les moyennes s’envolent, parfois au-delà du raisonnable penseront certains. Ou placer le curseur ? La question est lancinante au sein des bateaux de la flotte et divise parfois les skippers. La gestion du matériel est prépondérante sur une course de 3 mois, et Vincent Riou vainqueur de l’édition 2004-2005 se demandait lors d’une vacation à quelle vitesse allait-il falloir mener les bateaux. La réponse, il ne la connaitrait pas avant l’arrivée aux Sables précisait-il ensuite.

Loick Peyron, quant à lui ne connaîtra pas la joie de franchir la ligne d’arrivée. Lui, qui, il y a quelques jours seulement insistait sur l’importance de finir une course telle que le Vendée Globe, a fait part du démâtage de son bateau à la direction de course dans l’après-midi. Rythme effréné de la course, défaillance structurelle, les raisons de son avarie restent inconnues mais souhaitons qu’elle incitera, pour un temps au moins, les skippers à lever un peu le pied.

Au classement de 16h00, la tête de course qui assistait crispée au retour de ses poursuivants depuis hier, touchait elle aussi le flux soutenu du front et enclenchait la vitesse supérieure. A bord de Temenos II, un vent soutenu continuait de souffler, mais l’état de la mer contrariait la progression du bateau.

Joint dans l’après-midi, avant d’apprendre le démâtage de Gitana Eighty, Dominique racontait : « J’ai un vent très adonnant qui me permet d’aller au Sud. Il était tombé à 18 nœuds ce matin et là  c’est reparti du côté des 22, 23 nœuds. La mer est désordonnée, un peu croisée,  la houle vient par le travers et le bateau a de la peine à trouver son rythme, il est souvent arrêté par une vague dès qu’il se lance dans un surf, c’est un peu contrasté niveau vitesse, Temenos II marche par à-coups. Ca demande beaucoup de travail sur les réglages de voile, ce n’est pas toujours évident. »

Dans cette quête effrénée de la performance, l’état de la mer est un facteur déterminant, et plus encore que le vent ce sont les vagues qui dictent la vitesse des monocoques. Impossible d’accrocher les 18 nœuds de moyenne sans mettre à mal le matériel, sans une mer un minimum conciliante. « Quand les conditions de mer sont bonnes, avec une vague qui vient de l’arrière et lance le bateau dans les surfs, on peut atteindre les 18 nœuds de moyenne sans trop forcer. Dès que la mer est mauvaise on perd tout de suite 3 nœuds. Dans ces cas-là on sent bien que si on force sur le bateau en portant trop de toile, avec les coups de frein brutaux dus aux vagues on peut tout casser. Passer en force dans ce genre de mer n’est pas raisonnable, il faut essayer de passer en souplesse quand la mer est mauvaise. »

Depuis hier, Dominique a tiré parti du passage du front pour refaire une partie de son retard. Un brin revanchard après son arrêt dans les calmes il y a deux jours de cela, Dominique avouait avoir profité de bonnes conditions pour « pousser la machine » et à défaut d’avoir pu trouver le sommeil,  le skipper avait repris du terrain à la tête de flotte désormais à 227 milles de l’étrave de Temenos II.  « C’était une bonne journée, j’avais un bon angle de vent, une mer correcte ça m’a permis de pousser sur la machine.  Avec le passage de grains à plus de 30 nœuds j’ai dû réduire un peu la toile, le bateau enfournait trop, cela aurait été difficile d’aller plus vite sans risque pour le matériel.  Quand on tient ces moyenne- là c’est intense et stressant à la fois. On se fait secouer comme des pruniers c’est plus difficile de trouver le sommeil, on sent qu’on peut-être désarçonné de sa couchette à tout moment par les mouvements du bateau. Il faut dormir en bottes et cirés pour être prêt à intervenir sur le pont si le bateau fait une sortie de route. La tension nerveuse est là, les pilotes font du bon travail mais on sait qu’ils ne sont pas infaillibles, ils peuvent lâcher d’un coup et faire partir le bateau à l’abattée et dans ce cas il faut pouvoir réagir extrêmement vite si on ne veut pas casser du matériel. »

La palette de craquements, de chocs du bateau dans les vagues n’est pas faite pour améliorer les états d’anxiété naissants, mais  Dominique avait sa petite parade, histoire d’adoucir un peu un quotidien qui peut paraître bien austère vu de terre. « Dès que le bateau avance à plus de 20 nœuds, les safrans hurlent c’est un bruit aigu assez stressant. Je branche le casque antibruit sur l’Ipod, sans te couper complètement des bruits du bateau, ça les attenue bien et ça devient plus supportable. »

 

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Classement 16h00

Rang

Skipper

Bateau

Ecart / 1er 
(MN) 

Depuis 1h /
Since 1 h

Vitesse
(Nds)

Cap
(Deg)

Rk

Skipper

Boat

Dist. to leader (NM)

Speed
(Kts)

Course (Deg)

1 Dick Jean-Pierre Paprec-Virbac 2 0 18,1 103
2 Josse Sébastien BT 0,3 20,4 100
3 Jourdain Roland Veolia Environnement 21,4 15,4 109
4 Golding Mike Ecover 28,3 17 104
5 Desjoyeaux Michel Foncia 38,6 19,3 95
6 Peyron Loïck Gitana Eighty 45,8 2,9 59
7 Le Cam Jean VM Matériaux 63,7 17,3 96
8 Riou Vincent PRB 83 14,9 105
9 Le Cléac’h Armel Brit Air 99,6 15,3 117
10 Eliès Yann Generali 134,8 12,2 116
11 Guillemot Marc Safran 182,6 17 128

12

Wavre Dominique

Temenos II

227,3

15,8

132

13 Thompson Brian Bahrain Team Pindar 526,9 14,2 68
14 Stamm Bernard Cheminées Poujoulat 556,5 15,7 86
15 Davies Samantha Roxy 593,7 14,2 80
16 Caffari Dee Aviva 752,6 13,5 101
17 Boissières Arnaud Akena Vérandas 771,5 13,1 92
18 White Steve Toe in the Water 975,6 12,9 75
19 Malbon Jonny Artemis 1122,6 11,9 73
20 Wilson Rich Great American III 1334,4 11,8 86
21 Dejeanty Jean-Baptiste Groupe Maisonneuve 1568,1 15,8 87
22 Hatfield Derek Algimouss Spirit of Canada 1842,7 12,8 87
23 Dinelli Raphaël Fondation Océan Vital 2257,9 11,9 93
24 Sedlacek Norbert Nauticsport-Kapsch 2282,1 12 86

 

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