Jeudi 14 Février 2008

 

Une entrée en Méditerranée musclée

 

Temenos II
Temenos

© BWR2007

Si parfois les prévisions météo peuvent réserver de bonnes surprises, ce ne fût pas le cas aujourd’hui. Tout comme l’annonçaient les fichiers, quasiment sans transition, Temenos II a quitté les calmes pour un fort coup de vent, de quoi donner le tournis à l’anémomètre passé en quelques heures de moins de 10 à 35 nœuds.

Ces conditions musclées n’étaient sans doute pas étrangères à la casse d’un chariot de latte de grand-voile survenue à bord du monocoque en fin de nuit dernière. Et même s’ils étaient parvenus à le remplacer, Michèle et Dominique prenaient cet avertissement au sérieux. Malmené par une mer chaotique, le duo n’avait pas hésité à sortir "l’artillerie lourde", comprenez le tourmentin, afin d’essayer de soulager un peu le bateau.

A l’approche du détroit de Gibraltar qu’ils s’apprêtaient à franchir cette nuit, les vents restent soutenus et le tandem ne devrait pas pouvoir compter sur une réelle accalmie avant demain. Et même si le vent devait progressivement commencer à mollir dans la nuit, il faudrait à cette mer levée par plusieurs journées consécutives de gros temps, beaucoup plus que quelques heures pour se calmer.

Conséquence du rythme effréné de la journée il fallait attendre le début de soirée pour avoir quelques nouvelles du bord. Le bruit du bateau qui tape dans la vague raisonne alors dans le combiné téléphonique et ne laisse aucun doute sur les conditions que rencontrent les deux co-skippers.

« On se fait "tabasser" » lâchait Michèle, « c’est le détroit dans toute sa splendeur. La mer est démontée, elle est très courte, ça tape énormément, c’est une mer casse bateau, on ne peut pas mettre toute la puissance, on met moins de toile que ce l’on devrait pour préserver le bateau. Ca ne va pas vite, quand on regarde notre trajectoire sur l’écran d’ordinateur on a l’impression de ne pas avancer, ce passage de Gibraltar n’en finit pas. Ce sont des conditions très pénibles, à l’intérieur on est à quatre pattes, on se fait éjecter, on se cramponne, on n’arrive même pas à manger. On s’est fait rincer sur le pont et nos cirés sont trempés. On n’a pas dormi depuis hier, on ne s’est pas du tout reposés aujourd’hui, la nuit va être pénible, vivement que tout ça soit derrière. Ce n’est pas terrible de devoir affronter des conditions pareilles de retour d’un tour du monde, le bateau est fatigué et les organismes aussi. On devrait arriver dans le détroit entre 3h et 5h du matin, le vent devrait enfin mollir.

Les cargos sont compréhensifs, ils changent de cap assez vite quand on leur signale notre présence. La veille se fait surtout grâce à l’AIS. Avec la houle on est assez bas sur l’eau et la visibilité est mauvaise, c’est vraiment sur les écrans que ça se passe. »

 

La nuit à bord de Temenos II devrait donc se poursuivre sur ce même rythme effréné, à ceci prêt que les deux co-skippers devront en plus enchaîner les virements de bord dans un véritable goulet n’excédant pas les 14 kilomètres de large par endroit.

 

Compte tenu de la difficile progression du monocoque ces deux derniers jours, Temenos II n’est pas attendu à Barcelone avant dimanche 17 février en fin de journée.  

 

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Classement 19h00

Rg Nom Dist Arr Lat Long Vit moy
Rk Boat Dist to finish Lat Long Average speed
1 PAPREC-VIRBAC 2        
2 HUGO BOSS        
3 TEMENOS 2 569,8 35 51.38' N 6 28.58' W 8,6
4 MUTUA MADRILENA 762,4 33 37.56' N 9 27.12' W 6,3
5 EDUCACION SIN FRONTERAS 2288,0 16 15.18' N 29 57.77' W 8,9