Mercredi 17 décembre 2008

 

 

Dominique en difficulté à bord de son monocoque

 

A 11h15, Dominique contactait son équipe à terre, l’imposante pièce en acier de 100 kilos, placée sur la tête de quille n’avait pas résisté aux efforts considérables qui s’exercent actuellement à cet endroit.

Surpris par des conditions météo plus violentes qu’annoncées, aggravées par un fort effet venturi localisé au niveau des Kerguelen, le skipper négociait actuellement un solide front froid et évoluait dans une mer croisée et un vent oscillant entre 30 et 40 noeuds. Pour l’heure aucune possibilité pour Dominique d’envisager un retour aux Kerguelen. En faisant demi-tour, le bateau se retrouverait dans un vent de face, au près en tirant des bords, tapant dans une mer déjà très mauvaise, des sollicitations que la quille meurtrie n’avait aucune chance de pouvoir supporter.

Dominique se retrouve dans la même situation qu’à son arrivée aux Kerguelen. S’il ne demandait pas assistance, le skipper avait émis un PAN PAN (message d’urgence). Le CROSS et la direction de course du Vendée Globe immédiatement alertés de la situation du skipper, assuraient un suivi régulier des positions du bateau. Si le skipper préparait actuellement son kit de survie, et s’apprêtait à revêtir sa combinaison TPS, il n’avait pas lieu pour l’instant d’abandonner son bateau.

Dominique naviguait à allure réduite, avec l’ensemble des ballasts remplis afin de stabiliser au maximum le bateau. Les deux dérives baissées venaient également limiter les mouvements du bateau chahuté par la mer formée de l’océan Indien. Dans cette configuration, Temenos II parvenait à progresser sous voilure réduite, trois ris tourmentin, entre 8 et 10 nœuds.

Pour Dominique, la sortie de ces vents forts ne peut se faire qu’en remontant au Nord, mais l’avarie de quille limite les allures possibles du bateau. Actuellement le skipper parvenait à maintenir un cap au 45°, un cap encore insuffisamment Nord  pour espérer l’extirper rapidement du flux continu de dépressions australes mais qui devrait progressivement l’en écarter.  Pour espérer trouver des conditions plus maniables, prévues aux alentours du 46ème Sud, Dominique devait encore progresser de 200 milles en direction du Nord. Mais avant de pouvoir atteindre cette latitude, le skipper  devra encore négocier des vents forts prévus demain matin. Les prochaines heures s’annoncent difficiles pour Dominique à bord de Temenos II.