Samedi 19 Janvier 2008

 

 

Temenos II de retour en Atlantique

 

Dernières heures dans le Pacifique
Temenos

© WAVRE - PARET

C’est dans la nuit à 4h15 que Temenos II a doublé le Cap Horn. Ce dernier front austral n’aura jamais vraiment rattrapé le monocoque à l’exception de quelques trop rares rafales en arrivant au niveau du Horn. Si ce matin la journée commençait péniblement dans des vents très perturbés comme le confiait Dominique, en début d’après-midi ce flux semblait s’établir, permettant à Temenos II de retrouver de belles vitesses.

 

Avec 100 milles de retard, Mutua Madrilena revenu avec le front, reste une menace pour Michèle et Dominique. Devant eux s’offre un nouveau terrain de jeu, celui de l’Atlantique. Finis les longs surfs et la compagnie des albatros, en Atlantique c’est une navigation plus clémente et respectueuse des organismes qui les attend, mais pas plus facile pour autant. Souvent plus fin et complexe, les possibilités offertes par l’échiquier météo sont multiples.

 

« Le front avançait doucement à une quinzaine de nœuds et il n’est jamais parvenu à nous rattraper » analysait Dominique. « On n’a jamais vu le baromètre descendre vraiment, en début de nuit le ciel s’est un peu éclairé et on a aperçu la barre noire derrière nous, mais elle ne s’est pas rapprochée. On a passé le Horn au portant, au plus fort le vent est monté entre 20 et 25 nœuds, la mer s’est levée lorsqu’on est arrivés au niveau du plateau continental.

On a eu quelques petits soucis techniques à résoudre dans la nuit sur l’enrouleur, puis une panne de pilote, tout est rentré dans l’ordre depuis mais ça nous a bien occupés. Au moment de passer le Horn, on bricolait et d’un coup on a vu un petit bout de lune apparaître entre deux nuages au ras  de l’eau, comme si l’on avait passé une ligne d’arrivée.

Depuis le vent est très variable, il bascule sans arrêt, c’est une zone très perturbée, le relief des côtes provoque des dévents importants. Le vent passe de 10 à 20 nœuds brutalement, on ne lâche pas les écoutes.»

 

Message de Michèle après son passage du Cap Horn :

"Avec un passage de nuit, le cap Horn restera dans le noir pour nous trois. Je me souviens de cet imposant rocher et je suis forcément un peu déçue de ne pas pouvoir régaler nos quatre yeux de ce spectacle rare, mais pour nos deux coeurs le moment n'en conservera pas moins toute sa magie.

Sans doute n'est-ce pas le moment mais je ne peux m'empêcher de me repasser quelques bouts de film, tous ces moments inoubliables vécus depuis notre entrée dans les 40ièmes, toutes ces émotions, ces sentiments exacerbés, ces joies, ces douleurs, ces peurs  qui se sont entremêlés, ce partage harmonieux, cette osmose magique, lui, le bateau et moi.

Un marin en double n'est pas forcement meilleur qu’en solo, il lui arrive aussi d’être égoïste, mais aujourd'hui c’est tout le contraire. Nous ne pouvons passer de "l'autre coté" sans penser très fort à notre sponsor, nos partenaires, et tous ceux qui se reconnaîtront, grâce à qui cette part de rêve a pu se réaliser. Aujourd’hui ils sont tous-là avec nous près de ce grand cap....


Comme le veut la tradition, même si c'est dans le noir nous lèverons notre verre, enfin notre gobelet, à la santé de Neptune et d’Eole, partageant notre maigre cuvée avec eux. La cave de notre destrier de course n'étant décidément pas très achalandée, nous nous sommes contentés de finir notre 1/4 de Sauternes, reste du repas du jour de l’An, conservé de surcroît sans son bouchon, debout bien à l'abri dans une vulgaire botte en caoutchouc transformée pour l'occasion en cave à vin ! (pardon George, pardon Valérie !!) Nous rajouterons quelques carrés de chocolat à l'offrande.

Nous voilà "confirmés" cap Hornier, et "cap Hornière" ? En fait nous l'étions déjà, mais j’aime assez l’idée d’une nouvelle décoration à chaque passage. Autant dire qu’avec ses 7 passages Dominique, croule sous les médailles !

Pisser au vent après le Horn, une traduction respectée par Dominique mais aussi par Michèle !!!
Temenos

© WAVRE - PARET

Si l'on se fie à la tradition, dans la liste des privilèges acquis (la formule est à la mode en ce moment) figure le droit de "pisser au vent" (cf notre photo), à tenter mais à vos risques et périls si vous n’avez pas votre diplôme… et même si vous l’avez d’ailleurs !

 
Etre cap Hornier vous donne également le droit d’arborer un anneau à votre oreille, et là consternation,  je ne peux m'empêcher d'imaginer la tête de mon co-équipier avec ses 7 anneaux accrochés tels des petits crabes à ses oreilles !! Pas vraiment le genre de la maison,  que voulez-vous les traditions se perdent...

Dernière descente vers le Sud, Temenos II a mis son GPS sans dessus dessous pour son dernier jour dans le Pacifique Sud, nous avons dû faire route au-delà du 57, avant un dernier empannage qui nous a permis de faire route sur le cap.

 

Avant de boucler ce deuxième acte et de taper à la manivelle de winch, les trois coups du prochain, il faut encore que je  vous énonce quelques-uns des noms qui sont inscrits en filigrane sur ma carte du Pacifique Sud, de quoi rêver encore un peu de plaines abyssales, de grands marins et d'aventuriers.

Mornington abyssal plain, San Martin sea mounts, Belligshausen abyssal plain, De Gerlache sea mounts, Shackleton fracture zone, Drake passage, Pactolus bank

Faîtes de beaux rêves…

 

Michèle, Dominique et Temenos II de retour en Atlantique"

 

 

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Classement 17h00

Rg Nom Ecart Lat Long Vit moy
Rk Boat Dist to lead Lat Long Average speed
1 PAPREC-VIRBAC 2 0,0 24 26.04' S 34 18.25' W 10,9
2 HUGO BOSS 613,6 34 14.77' S 37 44.68' W 6,9
3 TEMENOS 2 2195,7 55 05.31' S 62 15.47' W 17,4
4 MUTUA MADRILENA 2295,9 55 35.38' S 65 13.34' W 14,7
5 EDUCACION SIN FRONTERAS 3367,2 54 43.31' S 96 49.54' W 13,9