Mercredi 19 décembre 2007

 

Encore un grand nombre de questions sans réponse


TEMENOS II
Temenos

© STICHELABUT -DPPI

Alors que la route s’annonce décidément bien longue pour Véolia Environnement en route vers l’Australie à faible allure sous gréement de fortune, en tête Virbac-Paprec 2 et Hugo Boss continuent d’animer la course. Distants l’un de l’autre de seulement 21 milles, la bataille fait rage entre ses deux bateaux.

A bord de Temenos II depuis plusieurs jours la régate, elle, a été reléguée au second plan, et c’est au détriment des performances de leur monocoque mais dans un souci de préservation de la quille, que Michèle et Dominique prolongent le bord au Nord. Pour l’heure le tandem se préparait à devoir affronter les vents forts de la dépression qui concerne l’arrière de la flotte depuis plusieurs jours.


Dans un message envoyé aujourd’hui, Dominique revenait avec davantage de détails sur leur avarie de quille : "On se prépare au gros temps, on s’attend à être malmené, on a arrimé pas mal de choses, préparer les voiles de petit temps. Grâce à notre route au Nord-Est on espère trouver une mer moins violente et épargner la quille des mouvements les plus violents.
Depuis le départ de la course nous recevons à bord un grand nombre de mails, et depuis l’annonce de notre avarie, les messages de soutien ont redoublé, cela fait toujours très plaisir.

Parmi ces mails, celui de quelqu’un qui s'étonnait que de la rouille puisse endommager gravement une quille m’a interpellé. Je réalise que tout cela demande sûrement quelques petites explications supplémentaires pour les néophytes.

Contrairement à un bateau de croisière, le voile de quille de Temenos II n’est pas une grosse pièce de fonte, mais ressemble plutôt à une lame de couteau constitué de tôles d’acier haute résistance de 12 mm d'épaisseur. Si l’une de ces plaques venait à lâcher, telle une aile d'avion, le voile de quille se briserait, entraînant un risque de chavirage du bateau. Dans notre cas, cette tôle d'acier est déjà entamée sur 3 mm, soit un quart de son épaisseur, et du même coup sa résistance se trouve diminuée d’autant. La fissure qui s'agrandit est située près du pivot de la quille basculante, à la jonction mer - air, là où l'eau passe à toute vitesse mélangée à l'oxygène de la boite de quille. C'est pour cette raison que la rouille creuse spécialement à cet endroit.
C'est tout cela qui fait craindre à l’ingénieur de notre cabinet d’architecte une casse à moyen terme,
et tout comme un ingénieur aéronautique, il préconise l'atterrissage de notre "avion" à Wellington. Il faut bien réaliser que les efforts à cet endroit sont colossaux sur nos bateaux et même si l’on ne voit rien bouger à l'oeil nu, on sait qu’un mal sournois ronge l’acier, cette situation nous oppresse forcément un peu. C'est aussi pour cela que nous cherchons désormais à éviter les trop gros efforts sur la quille.

On ne peut pas encore être sur du diagnostic, ni même savoir si une réparation pourra être envisagée sans démonter la quille. La situation laisse encore beaucoup de questions sans réponse, y compris celle d’un possible retour en course.

Nous échangeons actuellement beaucoup de mails avec la Nouvelle-Zélande afin de régler la logistique sur place, la sortie de l'eau, le travail de soudure, tout ça n’est pas forcement très simple un 1er janvier !

 

Dominique à bord de Temenos II en attente du coup de vent..."

 

En fin de journée, le tandem ne sentait toujours pas les prémices du gros temps malgré la baisse du baromètre, c’était même tout le contraire à bord du monocoque ralenti par une petite bulle de hautes pressions située à l’avant de la dépression comme nous l’indiquait Michèle.

« On avance gentiment dans moins de 15 nœuds de vent. On a pris des algues dans le safran tribord cet après-midi. On a dû faire marche arrière pour s’en défaire, ça s’est bien passé il n’y avait pas de mer, il valait mieux que ça arrive maintenant, avant l’arrivée du coup de vent.

On sent la température remonter, j’ai barré juste en polaire et on commence même à avoir trop chaud dans notre duvet grand froid. On a eu jusqu’à 12°C aujourd’hui dans le bateau. »

 

Un peu de répit bon à prendre avant l’arrivée des vents forts prévus ces prochaines heures.

 

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Ecoutez la vacation de Dominique :

http://www.dominiquewavre.com/p/fr/multimedia/video/191207/index.php

 

 

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Classement 17:00

 

Rg Nom Ecart Lat Long Vit moy
Rk Boat Dist to lead Lat Long Average speed
1 PAPREC-VIRBAC 2 0,0 47 54.78' S 119 43.83' E 17,7
2 HUGO BOSS 21,1 47 25.92' S 119 19.10' E 15,8
3 TEMENOS 2 1339,3 48 19.47' S 86 35.81' E 12,5
4 MUTUA MADRILENA 1867,0 52 38.87' S 72 35.66' E 14,4
5 EDUCACION SIN FRONTERAS 2634,6 51 51.75' S 51 37.48' E 13,4