Dimanche 21 décembre 2008
Croisée des chemins, croisée des destins pour Dominique et Loick
La petite surprise de Loick![]() |
Depuis ce matin, Temenos II suit à nouveau une route orientée au Nord. Dominique a choisi d’empanner au petit jour afin de s’écarter de l’arrivée de vents soutenus. Parfois au détriment du cap, mais perpétuellement à la recherche de conditions météo clémentes, le skipper ajuste la trajectoire de son bateau. Si Dominique expliquait ne pas trop craindre le vent, les vagues qui l’accompagnaient, présentaient quant à elles, de sérieux risques pour la quille en souffrance.
Joint en fin d’après-midi, Dominique racontait : « J’ai empanné en raison du vent fort annoncé. Le vent lui ne me gêne pas trop, mais c’est surtout l’état de la mer qui me préoccupe dans ces moments-là, la quille n’aime pas du tout le roulis du bateau dans les vagues. Je dois continuer encore une dizaine d’heures sur ce bord avant de pouvoir faire cap à nouveau sur Fremantle, j’aimerais trouver un endroit où la houle est moins marquée. »
Pour l’heure dans un vent soufflant entre 20 et 25 nœuds, Dominique ne ressentait pas encore de franches améliorations de l’état des vagues. La présence de grains et une mer encore assez levée avaient incité le skipper à réduire la voilure. Avec deux ris dans la grand-voile et sous trinquette, le skipper parvenait à stabiliser son bateau.
« Temenos II est bien à plat mais la houle est toujours assez forte, j’ai trois à quatre mètres de creux en moyenne et certaines vagues de 5 mètres, il y en a d’ailleurs deux qui ont complètement rempli le cockpit tout à l’heure. Je dois être à 10,11 nœuds de moyenne, je ne vais pas assez vite et certaines vagues arrivent à me rattraper, mais je ne tiens pas à aller trop vite non plus avec les conditions que j’ai actuellement. Si tout à coup le pilote décrochait, avec trop de toile en l’air, le bateau se coucherait complètement entrainant un brutal mouvement de la quille. Tout est histoire de compromis, et en ce moment avec ces conditions ce n’est pas un compromis très rapide. »
Même si le régatier en mal de vitesse, n’arrive à se satisfaire de maigres moyennes, elles permettent à Temenos II de se rapprocher des terres australes. Et même si tout se passe bien à bord du monocoque, on devine l’impatience de Dominique de pouvoir rallier rapidement Fremantle. Rien de surprenant à entendre le skipper vous répondre tout de go, sans l’ombre d’une hésitation, « 1300 milles » quand on lui demande le nombre de milles restant à parcourir !
« Ca va quand même assez vite, je ne me plains pas, je me rends compte que j’ai déjà fait la moitié du parcours depuis mon départ des Kerguelen. Je reste toujours attentif, dès que le vent forcit et que les vagues secouent le bateau je redouble d’attention, mais en moyenne c’est plutôt tranquille et je suis en confiance pour la suite. »
Les prévisions météos pour ces prochains jours, ne sont sûrement pas étrangères à l’apparente sérénité du skipper. La remontée Nord de Dominique devrait dans un premier temps, lui éviter la dépression prévue demain, mais aussi lui permettre de progresser en lisière d’anticyclone dans des conditions maniables.
« Je vais sûrement rester légèrement plus Nord que la route directe pour essayer d’avancer dans un couloir de vent de 15-20 nœuds en bordure de l’anticyclone. »
Si ce scénario se confirmait, Temenos II pourrait faire son entrée dans le port de Fremantle aux alentours du 27 décembre et ainsi rejoindre Ecover attendu lui dans ces tout prochains jours. Gitana Eighty privé de son gréement devrait logiquement être le dernier à pouvoir rallier le port australien.
« Ca doit être interminable pour Loïck. Pour moi, ça va parce que je suis obligé d’être actif sur les écoutes, de régler le bateau pour toujours le stabiliser, ça me réclame de l’attention et ça m’occupe pas mal. Et puis surtout contrairement à lui, j’ai toujours mon mât et j’ai la chance de voir les milles défiler. »
Solidarité des gens de mer, c’est tout logiquement que Dominique avait proposé un bidon de fuel au skipper de Gitana Eighty.
« Toute la journée j’ai adapté ma trajectoire pour pouvoir croiser celle de Loïck, malheureusement on s’est rejoints à la tombée de la nuit. Je lui ai envoyé un bout flottant auquel j’avais accroché un sac avec du pain et quelques fruits frais donnés par les gens des TAAF, trois bouquins, et surtout une vingtaine de litres de fuel, c’est ce dont il avait le plus besoin je crois. Il n’y avait presque pas de vent sur zone, mais pas mal de houle. Tout s’est bien passé, ça m’a fait très plaisir de voir la silhouette de Loïck et de pouvoir lui parler en VHF. »
Les routes des deux skippers se sont ensuite rapidement séparées, cap au Nord pour Dominique afin de fuir les vents forts attendus sur zone, des vents forts qui en revanche devaient faire le bonheur de Loïck sous gréement de fortune…
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21.12.08 Images de la rencontre pas vraiment fortuite entre Dominique et Loick
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