Mercredi 23 Janvier 2008
A nouveau sous spi
Michèle et Dominique |
Cela faisait longtemps que le grand spi n’avait été sorti de la soute à voiles à bord de Temenos II. On se souvient de ces quarts de barre enchaînés lors de la descente de l’Atlantique, par Michèle et Dominique transformés en métronomes barreurs. Le scénario se répète à nouveau, sous grand spi depuis ce matin, les deux co-skippers raccourcissent les quarts afin d’enchaîner ces séances de barre exigeantes, frais et reposés.
Toujours à la lutte avec Mutua Madrilena, Dominique espérait lors de la vacation du jour pouvoir trouver une porte de sortie un peu plus rapidement que son homologue espagnol, grâce à son décalage dans l’Est. Mais pour l’heure, ce n’est pas la sortie mais bien l’entrée dans ces hautes pressions qui retient toute l’attention des navigateurs. Dès demain la situation va se compliquer. A l’image d’Hugo Boss avant eux, les deux bateaux vont rencontrer des vents faibles et ralentir, mais contrairement à l’idée que l’on peut s’en faire, le petit temps est tout sauf reposant comme l’expliquait Dominique. « Le vent est mollissant, le baromètre remonte, petit à petit on va butter dans les hautes pressions. On espère pouvoir en ressortir plus rapidement en passant par sa bordure Est. On devrait rester sous spi dans le petit temps, on s’attend à passablement de manœuvres et de réglages, ce ne seront pas les conditions les plus reposantes. »
Jointe plus tard dans l’après-midi, Michèle confirmait : « Le vent n’a cessé d’adonner, on a changé de voiles à plusieurs reprises durant la nuit pour finir sous spi. On a des rafales à 25 nœuds, il faut quand même être attentif il y a de la toile en l’air, la mer est assez organisée ça permet un peu de surfer mais elle est aussi assez courte et le bateau plante dans la vague très souvent, ce n’est pas très agréable. Plus on remonte et moins on aura de vent, dès ce soir le vent devrait commencer à mollir.
On a dit au revoir aux 40èmes et aux albatros, aujourd’hui trois oiseaux sont venus nous voir, des petits nouveaux ! Il y a beaucoup de petites crevettes dans le cockpit, les plus grosses font 5 millimètres, je faisais un peu de clair dans les bouts et j’en ai aperçu une qui pédalait tout ce qu’elle pouvait, je n’ai pas pu m’empêcher de la prendre très délicatement et de la remettre à la mer.
On a encore dans un coin du cockpit le banc d’algues que l’on avait dégagé des safrans dans les 50èmes, je vais peut-être ramener ça comme souvenir. On le garde au cas où l’on manquerait de nourriture sur les derniers jours de course, on pourra toujours en faire des salades. » (rires)
Message de Michèle reçu la nuit dernière.
Temenos II aujourd'hui se régale dans une mer plutôt teintée d'un vert bouteille étrange qui contraste avec un ciel bleu limpide que quelques nuages commencent seulement maintenant, à masquer.
A bord, cela s'emballe un peu, plus de 17 noeuds de moyenne affichés au dernier classement, notre coursier donne tout son potentiel et nous entraîne avec lui dans ses cavalcades.
Nous enchaînons barre et écoutes, la vague s'est formée, et comme nous mettons un peu de Nord dans notre cap, les vagues s'orientent maintenant par le travers, et gênent un peu le bon déroulé du planning régulier du début de journée. A chaque vague Temenos II a cette inévitable tendance de partir sur la tranche, voilà pourquoi nous ne lâchons pas les écoutes des mains, prêts à choquer et reborder si un des surfs se révèle un peu trop "sauvage" : le bateau commande et nous obéissons...
Déjà deux changements de voiles ce matin, sans compter les prises et les lâchers de ris… Apres ces derniers jours plus "tranquilles" on a l'impression d'être "Lundi" aujourd'hui et de reprendre le boulot après un WE prolongé au bord de mer…
Le cap Horn est loin derrière mais encore présent dans nos esprits. Je pense au grand Sud déjà avec nostalgie ... incorrigibles nous sommes incorrigibles !!
J'avais pensé ramener une bouteille d'eau salée de cet endroit magique afin d’en offrir "des petits verres" à mes amis mais j'ai oublié, sans doute un signe, on ne ramène pas de neige de l'Everest et qui plus est dans une bouteille en plastique. Honte à moi, je m'en veux d'avoir eu une telle pensée !
Je ne sais pas depuis combien de jours nous sommes partis, le temps a cessé de se dérouler comme il se déroule à terre, à grand renfort de calendriers, d’horaires et autres rendez-vous, et c'est très bien comme ça.
Nous continuons notre course en essayant d'aller le plus vite possible, de ne pas perdre un dixième de nœud, avec la ligne d'arrivée en point de mire. Mais d'un autre côté je n'ai pas vraiment envie que cela s'arrête. Il va falloir que j'accorde mes violons, que je prenne un peu de recul… mais allez prendre du recul lorsque vous devez vous contenter de 18 mètres pour ça !
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Classement 17h00
| Rg | Nom | Ecart | Lat | Long | Vit moy |
| Rk | Boat | Dist to lead | Lat | Long | Average speed |
| 1 | PAPREC-VIRBAC 2 | 0,0 | 10 02.14' S | 32 54.06' W | 12,8 |
| 2 | HUGO BOSS | 650,3 | 21 33.53' S | 33 30.14' W | 9,2 |
| 3 | TEMENOS 2 | 1674,8 | 39 20.35' S | 34 31.87' W | 15,7 |
| 4 | MUTUA MADRILENA | 1737,3 | 39 52.57' S | 36 39.12' W | 15,4 |
| 5 | EDUCACION SIN FRONTERAS | 2958,7 | 54 18.12' S | 60 50.06' W | 6 |
