Vendredi 23 janvier 2009
Temenos II en route pour l'Europe
Temenos II sur le terre-plein en Australie![]() |
Plus de trois semaines se sont écoulées depuis l’arrivée de Temenos II à Fremantle suite aux graves problèmes de quille rencontrés par Dominique durant son Vendée Globe. A peine le sol australien foulé, le skipper se mettait sans tarder au travail sous une écrasante chaleur tutoyant les 40° à l’ombre. Sur place les équipes des trois Imoca 60, Temenos II, Gitana Eighty et Ecover ont choisi de mettre en commun leur force de travail. Le "team Gitanover" baptisé ainsi par les principaux intéressés, s’est donc relayé tour à tour à bord de chacun des monocoques.
Joint hier alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour la Malaisie, Dominique racontait son escale australienne : « Avec les équipes de Mike et de Loick, on a choisi de mettre nos forces en commun. C’est ainsi que le "Gitanover" a vu le jour ! Tous ensemble on se consacrait à un bateau puis l’autre, ça nous a permis d’être beaucoup plus efficace. On a effectué un gros travail de démontage et de préparation en vue du chargement des bateaux. Les australiens nous ont réservé un formidable accueil, ils ont été très serviables, en particulier le Fremantle Sailing Club, et même si les infrastructures à Fremantle ne sont pas spécialement faites pour des bateaux de cette taille, ils ont fait preuve de la meilleure des volontés et nous ont beaucoup aidé. »
Sortie de l’eau, la coque de Temenos II a été posée sur d’imposants sacs remplis de polystyrène puis chargée à bord d’un porte-conteneurs qui a appareillé dimanche dernier en direction de la Malaisie. C’est là-bas que Dominique retrouvera son monocoque qui devrait stationner au sein d’une zone de transit de l’immense port de commerce de Tanjung Pelepas durant 5 jours, avant d’être chargé sur un nouveau cargo le 30 janvier en direction du Havre où il est attendu aux alentours du 15 février prochain.
« Les bateaux vont effectuer un demi-tour du monde, on a essayé de les protéger au maximum avec des étuis, des bâches, des mousses de protection. Le chargement à bord du Maersk Garonne s’est très bien passé, les dockers australiens ont pris le plus grand soin de nos bateaux. Le hasard a voulu que l’on tombe sur l’un des deux seuls porte-conteneurs battant pavillon français de l’armateur. Nous avons eu les autorisations pour monter à bord, c’est impressionnant, le Maersk Garonne fait 292 m de long, il peut transporter quelque chose comme 4300 containers. Temenos s’est retrouvé perché à près de 25 mètres de haut, ce n’est pas une position habituelle pour un 60 pieds, il va subir des gros coups de roulis durant la navigation, il a fallu l’arrimer solidement. L’équipage en partie français a été très sympa, depuis les officiers de pont nous donnent des nouvelles tous les jours. C’était émouvant de voir partir Temenos. »
Véritablement happé par la préparation de son bateau, Dominique n’avait pu encore s’octroyer de vrai repos. Mais dans un certain sens ces trois semaines de travail intense en agissant comme une véritable échappatoire à la déception, avaient été profitables au skipper.
« Devoir se mettre tout de suite au boulot n’a pas été si mal finalement, il y a avait tellement à faire ça m’a bien occupé l’esprit. Malgré tout tu ne peux pas t’empêcher de continuer à suivre la course, elle reste là dans un coin de ta tête et je pense que ce sera comme ça tant l’arrivée des premiers ne sera pas jugée. Même après l’abandon tu as l’impression de faire encore partie de la course, c’est un sentiment étrange, celui de ne pas avoir bouclé l’histoire. On ne peut pas s’empêcher de refaire la course, et de s’imaginer encore en mer avec le reste de la flotte. Les très nombreux messages de soutien m’ont bien aidé, cela a été une période difficile pour l’ensemble du projet Temenos. »
La tête de quille brisée à l'origine de l'abandon![]() |
Pour l’heure le bris de la tête de quille du monocoque à l’origine de l’abandon et des désillusions du skipper, reste encore inexpliqué. C’est à cette tâche que vont s’atteler les experts dès le retour du bateau en Europe. Dominique sera rejoint dans ces démarches par le skipper britannique Mike Golding qui dans un souci de fiabilité avait fait le même choix de quille.
« Le bateau va arriver au Havre le 15 février, le mât et la coque seront chargés sur deux camions et regagneront la Rochelle en convoi exceptionnel. Sur place on va s’attaquer aux investigations, programmer les analyses, le but n’est pas de pointer du doigt un coupable mais surtout de comprendre les raisons de la casse afin d’éviter qu’une telle chose puisse se reproduire. Avec Mike on s’est rendu compte à l’examen des deux quilles à Fremantle que si la mienne avait cassé, la sienne semblait bien partie pour subir le même sort. Vraisemblablement on a le même type de problème tous les deux, on a le fort soupçon que ce soient les mêmes causes qui aboutissement aux mêmes effets, on attend juste que des analyses scientifiques viennent nous le confirmer, et à partir de ce moment-là on tâchera de trouver des solutions ensemble. En fonction des résultats on déterminera s’il sera possible de réparer ou s’il sera nécessaire de lancer la fabrication d’une nouvelle quille. »
Des résultats et des conclusions qui viendront sûrement étoffer le canevas de réflexions entamé au sein de la classe Imoca afin d’éviter que ce type d’avarie majeure mettant en péril la sécurité des marins se reproduise à l’avenir.
« Comme on le pressentait avant le départ, les enseignements à tirer de ce Vendée Globe seront très nombreux au sein des bateaux qui ont été obligés de se retirer de la course, et l’expérience de ceux qui seront allés jusqu’au bout de ce tour du monde sera aussi très profitable à la classe. De la sécurité, à la fiabilité et la solidité des bateaux, sans oublier les évolutions futures de la jauge, les axes de travail ne manquent pas, un important travail de fond attend l’ensemble des skippers, j’espère qu’on pourra le faire le plus vite possible à chaud. »
Après cette courte escale en Malaisie, le skipper regagnera la Suisse dès le 5 février, mais avant cela une petite halte est prévue en France. Attendu le 1er février prochain, Dominique devrait pouvoir assister aux arrivées des leaders de la course, des arrivées qui parviendront peut-être à clôturer l’histoire de ce Vendée Globe aux parfums encore inachevés pour le skipper.
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Les manutentions ont démarré |
Après le mât c'est au tour de la quille |
Large choix de quilles à Fremantle ! |
Mât fixé sur le pont, Temenos II rejoint le port de commerce à quelques milles de là |
Temenos II regagne la terre ferme |
Temenos II posé sur les sacs remplis de polystyrène |
Dominique |
Les trois bateaux du team "Gitanover" |
Le chauffeur conduit Temenos II sur la zone de chargement, avec la plus grande dextérité (seuls quelques centimètres séparaient la coque des piliers situés sur le point de passage de la remorque) |
Véritable "monstre" des mers, c'est à bord du Maersk Garonne que Temenos II ralliera Tanjung Pelepas en Malaisie |
Dominique a troqué le ciré contre la tenue de travail réglementaire sur la zone portuaire |
Temenos II s'élève dans les airs... |
Puis c'est au tour du mât soigneusement entouré de mousses de protection |
Temenos II solidement arrimé à bord du Maersk Garonne prêt à quitter l'Australie |
Le message avait le mérite d'être clair, la mission est accomplie ! |


















