Mardi 23 décembre 2008
Temenos II à moins de 1000 milles de Fremantle
Dominique se prépare à larguer la balise![]() |
Si Dominique ne pouvait pas totalement échapper à l’influence d’une vigoureuse dépression située dans son Sud, les vents générés par son passage devaient rester modérés. « Ca va rentrer petit à petit sans être très fort normalement, avec 20 à 25 nœuds je devrais réussir à tenir une moyenne de 10 nœuds et pouvoir gagner dans le Nord vers des latitudes encore plus clémentes. »
Le skipper qui venait de terminer un empannage, s’attendait à devoir les enchaîner jusqu’à Fremantle. « Pour schématiser je vais à l’Est et le vent vient de l’Ouest, ce sera donc empannage sur empannage quasiment jusqu’à mon arrivée.» Si en temps normal les navigateurs s’aident du remplissage des ballasts situés au vent afin de faciliter le passage des voiles d’une amure sur l’autre, les problèmes de quille du monocoque obligent Dominique à adapter légèrement la manœuvre. « J’assure mes empannages, en portant peu de toile mais surtout en remplissant tous les ballasts de derrière, ça assoit bien le bateau et lui évite les coups de gite, et dès que j’ai empanné je vide à nouveau les ballasts qui ne me servent à rien. La manœuvre est un peu longue mais de cette façon ça se déroule bien. »
Si le skipper se réjouissait de quitter l’influence des dépressions australes et ses vents tempétueux, il redoutait un peu les calmes qui s’annonçaient sur la fin de son parcours. Les contraintes exercées sur le matériel sont très importantes pour les bateaux aux prises avec ce que les marins ont coutume d’appeler la pétole. Sans vent, les voiles battent violement entraînant avec elles, le bateau dans des mouvements parfois brutaux. Un cas de figure qui ne sied pas à Temenos II et sa quille un peu trop "volage". « Je vais devoir traverser une dorsale anticyclonique, le bateau va ralentir, j’ai toujours une ETA pour le 27 ou 28 mais ça dépendra de la façon dont je vais réussir à appuyer Temenos II dans le petit temps. C’est la grande inconnue, je peux toujours être amené si le bateau est vraiment trop sollicité à faire un mauvais cap, travers à la route, pour éviter les coups de gîte. »
Hors-course, mais toujours en mer, Dominique reconnaissait garder le contact avec de nombreux skippers de la flottille, des échanges que l’on imagine réconfortants pour ces solitaires en mer depuis plus de 44 jours. « On se donne des nouvelles, je suis la course de près et je suis 100% solidaire de ce que vivent les autres. Entre-nous, on peut se dire en toute franchise des choses que l’on ne pourrait pas forcément dire aux vacations.»
A 900 milles des côtes australiennes, et à 24 heures du réveillon, le skipper se préparait à célébrer Noël dans la plus pure des traditions, ou presque… « Je vais décorer un peu le bateau, et faire une vraie petite cérémonie de Noël. Je choisirai pour ça un moment favorable où le bateau est bien stable, de toutes façons je n’ai pas invité grand monde à la fête cette année, il n’y aura personne en avance ou en retard si je bouscule un peu le timing prévu. » (rires)
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Bye-bye la "fille de l'Atlantique"![]() |
A 1h30 TU, mardi 23 décembre, Dominique a largué par 37°34.37’S et 96°56.99’E la balise qui lui avait été confiée aux Sables d’Olonne, dans le cadre du projet pédagogique Argonautica. La finalité de ce projet éducatif développé à l’initiative du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) est de sensibiliser les jeunes populations au rôle fondamental des océans dans les variations climatiques, de leur permettre de comprendre les courants océaniques et de prendre conscience de l’apport des satellites dans ce domaine. Les déplacements de la balise, rebaptisée la "fille de l’Atlantique" par les classes de l’école des Ollières et de St Julien en Haute-Savoie, seront enregistrés, et ces données étudiées par plus d’une cinquantaine de classes.
Un engagement déjà pris par Dominique lors de son précédent Vendée Globe, que le skipper particulièrement attentif au milieu marin était content de reconduire cette année.
(Plus d’infos sur www.cnes-edu.fr et http://argonautica.jason.oceanobs.com/html/argonautica/donnees_ocean_2008-2009_fr.html)
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Dominique garde un souvenir tenace de son passage aux Kerguelen et c’est tout logiquement que le skipper souhaitait une nouvelle fois rendre hommage aux hommes des TAAF en leur adressant le message dont voici un extrait :
‘Je garde très vivace le souvenir de votre gentillesse, appui et soutien. La solidarité et l'amitié sont vraiment des attitudes qui caractérisent toute la L7.
Vous perpétuez tous avec panache les valeurs morales de solidarité et de rectitude humaine, enrobées de beaucoup d'humour et de pudeur.
Je suis fier de vous compter parmi mes amis.
Je vous suis vraiment plus que reconnaissant de m'avoir redonné les forces physiques et mentales de continuer avec Temenos avarié pour le ramener en Australie et d'avoir refusé l'assistance proposée par le Cross quand la réparation a cassé. Cela aurait signifié la perte totale du bateau, ce que des marins comme vous, auraient refusé comme je l'ai fait;
Comme le bosco vous le dira, on n'abandonne son navire que s’il coule.
Temenos est vaillant et on arrivera en Australie ensemble.
Cela sera grâce à vous tous.
Encore merci
Amitiés
Dominique’
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23.12.08 Dominique dit au revoir à "la fille de l'Atlantique"
www.dominiquewavre.com/p/fr/multimedia/video/231208/index.php
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