Samedi 27 décembre 2008
A quelques heures de l’arrivée à Fremantle
A la cape de nuit avec le tourmentin à contre![]() |
Joint à 14h00, au beau milieu de la nuit pour le skipper actuellement aux antipodes, Dominique et son monocoque ne se trouvaient plus qu’à une petite trentaine de milles des côtes. A l’approche de Fremantle, le vent s’était mis à forcir brusquement, une situation à laquelle le skipper ne s’attendait pas et qu’il expliquait par l’influence du cap Leeuwin. « C’est surprenant ce vent, je suis à la cape dans 30 nœuds, d’après les fichiers ça ne devait pas monter à plus de 20 nœuds, j’espère que ça va un peu se calmer pour mon arrivée. »
Pressé d’en finir, la hâte du skipper ne parvenait à prendre le pas sur son sens marin. Tous les navigateurs le savent bien, par vent fort il n’est pire ennemi que la proximité immédiate des côtes, et le danger est d’autant plus grand à bord d’un bateau mené en solitaire et présentant une sérieuse avarie. C’est donc tout logiquement que Dominique a choisi de lever le pied. « Dans ces cas-là il vaut mieux ralentir au large et essayer de faire une approche très prudente ». Le skipper tente de calmer les ardeurs de son Temenos II, mais la tâche est moins facile qu’il n’y parait. « J’essaye de ralentir le bateau, j’ai mis le tourmentin à contre, la grand-voile avec 3 ris bien bordée dans l’axe pour limiter un peu les mouvements du bateau, c’est ce que l’on appelle la cape courante. Je ne peux pas affaler les voiles, avec les vagues le bateau serait balloté et la quille pourrait faire de gros dégâts au niveau du fond de coque. »
A quelques heures de son arrivée, Dominique conserve un œil attentif sur la course et réagissait aux récents problèmes survenus à bord de BT. « J’ai appris pour jojo, j’espère que tout se passera bien pour lui, il a besoin de toutes ses ressources pour réparer son bateau et se sortir du cauchemar dans lequel cette déferlante l'a plongé. Décidemment, ce Vendée Globe ne laisse pas beaucoup de répit, ni aux bateaux, ni aux skippers, mais sa dureté concourt à sa magie. »
A 30 milles du but, c’est une question d’heures avant de retrouver bateau et skipper en sécurité à Fremantle. Temenos II devrait faire son entrée dans le port de commerce aujourd’hui aux alentours de minuit (heure française).
« Actuellement je dérive à 6 nœuds, je veille même s’il n’y pas énormément de trafic, ce n’est pas la Manche ! (rires) Je vais sûrement devoir patienter 3 heures au Nord de l’île Rottnest au large de Perth. Je pourrai rentrer demain à 8h00, je sais qu’à terre on prépare mon arrivée. Il y a aussi les équipes de Mike et de Loick sur place. Les australiens font bien les choses, ils nous ont aménagé un ponton d’attente dans le port de commerce. »
**********

