Lundi 28 Janvier 2008
Dernières 24 heures surréalistes !
Michèle |
Une fois la ligne d’arrivée franchie, les souvenirs ne manqueront pas de se bousculer dans la tête des skippers de la Barcelona World Race, mais il semble d’ores et déjà que pour Michèle et Dominique, les dernières 24 heures écoulées soient en passe de se voir décerner la palme peu enviée de la pire journée de la course. A contrario de l’idée que l’on peut s’en faire à terre, pour les marins rien n’est plus pénible que le manque de vent.
Hier déjà, au détriment de leur quart de sommeil les deux co-skippers enchaînaient les manœuvres à un rythme quasi-militaire, mais pouvaient au moins en retirer la satisfaction d’avancer. Hors, très vite les petites risées salvatrices se sont évanouies abandonnant Temenos II à une très forte houle, et, à la frustration de ne pouvoir avancer, s’ajoutait pour le tandem, celle de voir le bateau si durement chahuté. Prisonnier d’une zone de calmes au large des côtes brésiliennes, l’équipage a eu beau se démener, ses efforts seront restés vains jusqu’au matin. Depuis le monocoque progresse à nouveau à allure raisonnable, au près Temenos II remonte à une dizaine de nœuds, en espérant que les hautes pressions à venir fassent preuve d’un peu plus de clémence à l’égard de ses deux co-skippers.
Jointe en fin de journée Michèle racontait: « à plusieurs reprises le vent s’est cassé la figure complètement, on est restés coincés sans le moindre souffle d’air, il y avait une houle de 2 mètres, on ne comprenait pas d’où elle venait, c’était très violent, le bateau tapait dans tous les sens, j’avais mal pour lui. A chaque vague, le mât vibrait, la grand-voile passait d’un côté, de l’autre, dans ces cas-là tu ne peux pas bloquer complètement la bôme sinon tu n’avances plus du tout, les voiles passaient à contre, je crois que ce sont les pires 24 heures que j’ai vécues depuis le départ. Le vent venait de toutes les directions, on se retrouvait au près puis au portant, ça changeait tout le temps c’était surréaliste, on n’a pas arrêté de manœuvrer, de changer de voiles. C’était très ingrat de s’escrimer à faire avancer le bateau sans résultat. On est restés avec le même nuage qui nous a bloqués plusieurs heures d’affilée, il nous envoyait quelques risées, on démarrait très gentiment à 5, 6 nœuds, puis dès qu’on sortait de son influence le bateau s’arrêtait net comme dans un mur. On devait alors attendre qu’il nous rattrape pour pouvoir un peu décoller à nouveau, mais à chaque fois il mettait beaucoup de temps, il ne devait pas avancer à plus de 2 nœuds. Il y avait de quoi perdre son sang froid ! On n’a pas arrêté et pas dormi une seule minute. Les nuits sont vraiment très noires, on surveillait l’arrivée des nuages sur le radar, tu vois s’ils se déplacent vite ou pas mais cela ne te donne pas vraiment d’indications sur le vent qu’il y a dessous. Depuis ce matin, le vent s’est établi au Nord, on arrive à faire la route au près on marche à une petite dizaine de nœuds de moyenne. Cela fait du bien même si on sait que l’on doit encore négocier des hautes pressions avant d’espérer gagner les alizés. »
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Classement 19h00
| Rg | Nom | Ecart | Lat | Long | Vit moy |
| Rk | Boat | Dist to lead | Lat | Long | Average speed |
| 1 | PAPREC-VIRBAC 2 | 0,0 | 10 58.94' N | 32 48.40' W | 11,3 |
| 2 | HUGO BOSS | 531,2 | 1 05.54' S | 30 54.01' W | 10,7 |
| 3 | TEMENOS 2 | 1643,1 | 20 38.02' S | 32 35.71' W | 8,5 |
| 4 | MUTUA MADRILENA | 1686,9 | 21 23.16' S | 32 36.23' W | 8,3 |
| 5 | EDUCACION SIN FRONTERAS | 2915,1 | 40 05.50' S | 42 23.45' W | 10,9 |
