Dimanche 28 décembre 2008
La délivrance pour Dominique
Dernier lever de soleil![]() |
Alors qu’à quelques heures de son arrivée, on pouvait s’attendre à voir le skipper relâcher un peu de cette tension qui l’accompagne depuis son départ des Kerguelen, il n’en fût rien. Difficile de se libérer totalement du stress dans un vent de 30 nœuds, et une mer qui s’arrondit.
A tout juste quelques encablures de Fremantle, le vent finissait heureusement par mollir laissant le skipper profiter de ces derniers moments de solitude avec pour seule compagnie celle du soleil qui se levait devant l’étrave de Temenos II.
A 8h30 locales, 00h30 heure française, après un peu plus de 10 jours d’une navigation placée sous haute tension, le monocoque faisait son entrée dans le port de commerce escorté par un semi-rigide avec à son bord les équipes d’Ecover et de Gitana Eighty venues gentiment prêter mains fortes à Dominique. Même si l’on devine la déception du skipper à l’idée de s’arrêter dans un port autre que celui des Sables d’Olonne, Dominique peut au moins nourrir la satisfaction d’avoir ramené son monocoque à bon port.
« Je suis soulagé et fier aussi d’avoir réussi à ramener Temenos II jusqu’ici, nous formons un tandem, j’ai fait mon maximum pour le préserver vaille que vaille et je suis content d’y être arrivé. Je souffre encore d’avoir dû abandonner ce Vendée Globe, la frustration sera toujours un peu là tant que la course ne sera pas terminée et que j’ai en vue celle d’après, mais pour aujourd’hui c’est le soulagement qui l’emporte. Je n’oublie pas que les conséquences auraient pu être plus dramatiques que le simple abandon de la course.»
Pour Dominique l’heure n’est donc pas à la désolation mais à l’action. Le travail sur place ne manquera pas pour le skipper et son équipe.
« On va devoir retrousser nos manches, la liste des choses à faire est longue, si tout se passe bien on espère pouvoir mettre Temenos II à bord d’un porte-containeurs dès la mi-janvier. L’arrivée du bateau en Europe sera prévue un bon mois plus tard. On pourra alors s’atteler avec les architectes, les ingénieurs et les experts, à comprendre comment la quille a cassé et surtout pourquoi. »
La terre enfin !![]() |
L’incompréhension du skipper, dont le choix de cette nouvelle quille avait été dicté par la recherche d’une plus grande fiabilité, doit être d’autant plus grande aujourd’hui.
« Avec les ingénieurs et les architectes on pensait avoir opté pour une solution technique solide et fiable, ce n’est de toutes évidences pas le cas. »
Une incompréhension que doit partager le skipper britannique Mike Golding. Ce dernier dont le bateau est équipé de la même quille que Temenos II, révélait il y a quelques jours avoir observé d’inquiétantes fissures durant sa course, au point de s’avouer presque soulagé d’avoir été contraint de se retirer de la course après son démâtage.
« A l’évidence avec Mike on a le même type de problème, on en a déjà discuté ce matin à mon arrivée, on cherchera des solutions ensemble. Il faut à tous prix trouver les moyens de repartir en mer avec une quille 100% fiable, on ne peut accepter aucune concession sur ce point-là, c’est la sécurité des coureurs qui en dépend. »
Mais pour aujourd’hui ces problèmes de quille étaient temporairement remisés, sous le chaud soleil australien, c’était la bonne humeur et le soulagement du skipper qui l’emportaient.
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