Jeudi 31 Janvier 2008
Barcelone déjà dans toutes les têtes
L'indispensable lampe frontale![]() |
L’alizé continue de vaciller occasionnant de nombreux changements de voiles d’avant. Depuis ce matin le flux repart à la hausse, levant une mer plus importante dans laquelle plante le bateau, et les vestes de ciré font leur retour expliquait Michèle jointe en fin de matinée.
« En fin de nuit le vent a forci petit à petit et depuis quelques heures on a entre 16 et 20 nœuds. La mer s’est levée de face, le bateau a accéléré et il tape plus violement dans la vague ; Ca mouille à nouveau sur le pont. C’est une petite fluctuation de l’alizé qui n’était pas prévue sur nos fichiers météo, on devait rester avec du vent mou ce matin, le fichier prévoyait un renforcement mais un plus au Nord, c’est peut-être cette zone-là qui est descendue sur nous, si c’est ça, ça devait durer une cinquantaine de milles.
Normalement ça devrait mollir en arrivant sur Fernando de Noronha, mais cela reste de l’alizé établi. Côté stratégie météo pour l’instant il faut juste éviter de se laisser retomber près des côtes il y a une grosse bulle sans vent sur le Brésil. »
Dominique![]() |
Michèle profitait de la quiétude alizéenne pour se mettre devant le clavier de l’ordinateur durant la nuit et nous faire partager quelques scènes et préoccupations de la vie quotidienne à bord de Temenos II.
Depuis quelques jours, au fil de la remontée de la flottille, tant à terre qu’en mer on ne peut s’empêcher de penser à l’arrivée à Barcelone.
Même si cela reste des prévisions soumises au bon vouloir de la météo, il semble que l’on se dirige vers une fin de course plutôt lente, un scénario auquel s’attendaient également Michèle et Dominique qui commencent à faire les comptes du côté de leurs réserves de nourriture. Mais plus encore que les caisses de vivres, ce sont les milles de retard du poursuivant espagnol que l’on n’oublie pas de compter à bord de Temenos II.
Dernier message de Michèle
"Génois foc génois foc génois foc, entre les deux nos coeurs balancent... Les heures passent et nous faisons défiler à l'avant du bateau, les deux modèles les plus "tendance du moment". Au près bon plein, dans un alizé un peu refusant, Temenos II passe son temps à changer de tenue. L'alizé est faiblard et oscille depuis deux jours entre 9 et 14 nœuds, et nous, nous manoeuvrons d'une voile à l'autre afin d'être exactement raccord avec le range des deux voiles concernées. La grand-voile reste haute elle, et se moque sans doute un peu de nos incessantes manoeuvres, avec le "département voiles de la plage avant" !
Chaque variation du vent est donc accompagnée d'une manœuvre que nous finissons un peu par exécuter les yeux fermés, je me suis surprise en pleine nuit alors que j'avais oublié ma lampe frontale, à essayer de reconnaître les écoutes concernées au toucher ! Moins rapide, moins efficace, je n'en ferais quand même pas une règle à bord, et d’ailleurs pas sure que cela marche à tous les coups...
Les nuits rallongent au fur et à mesure que nous montons vers le Nord, elles sont extrêmement noires en ce moment, la lune se lève de plus en plus tard et diminue au fil des nuits. Nous devons finalement nous résoudre à remplacer mon astre préféré par nos lampes frontales, véritables excroissances du plus bel effet ! Nous vivons nos nuits avec ces lampes comme "vissées" sur nos crânes, il nous arrive parfois de nous endormir avec dans la bannette, peut-être inconsciemment est-ce pour éclairer nos rêves de marins ?
"L'excroissance" frontale selon Michèle![]() |
Au large des côtes brésiliennes, nous avons dépassé la latitude de Rio hier, demain Recife, puis le Pot au noir et il sera temps pour nous de dire au revoir à l'atlantique Sud, quatrième océan de notre planète sur lequel Temenos II aura tracé son sillage.
Même s’il est parfois faible, l'alizé devrait nous permettre de sortir de l'hémisphère Sud sans encombre, un tout droit sans casse-tête météo, enfin dans l'état actuel des fichiers météo.
Notre "adversaire préféré", Mutua Madrilena est à 90 miles, nous allons essayer de les maintenir au chaud, de ne pas faire d'erreur. La bagarre est serrée et maintient une certaine tension et une tension certaine d’ailleurs très motivante, nous sommes à 200% et ne lâchons rien.
La remontée vers la Med, et Barcelone s'annonce plus longue qu'escomptée. La course se prolonge pour mon plus grand plaisir, même si j'ai hâte aussi de revenir sur terre…
Nous allons sans doute devoir rationner la nourriture pour ne pas finir "à jeun" à Barcelone. Je pense que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Le manque, et surtout celui de nourriture, peu très vite devenir un élément perturbateur tant physique que psychologique sur un bateau (et partout ailleurs) mais nous n'en sommes pas encore-là !
Sur ce je vais prendre mon petit-déjeuner, un sachet de lyophal "parfum riz au lait" que je vais partager avec mon co-équipier, une cuillère pour lui, une pour moi, un pour lui, une pour moi ... ah mince il y en a déjà plus !"
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Classement 11h00
| Rg | Nom | Ecart | Lat | Long | Vit moy |
| Rk | Boat | Dist to lead | Lat | Long | Average speed |
| 1 | PAPREC-VIRBAC 2 | 0,0 | 20 05.19' N | 31 17.15' W | 9,8 |
| 2 | HUGO BOSS | 454,7 | 9 24.21' N | 31 13.65' W | 10,6 |
| 3 | TEMENOS 2 | 1470,9 | 9 51.87' S | 31 54.89' W | 11,3 |
| 4 | MUTUA MADRILENA | 1561,7 | 11 24.32' S | 32 10.54' W | 12,4 |
| 5 | EDUCACION SIN FRONTERAS | 2802,8 | 31 41.25' S | 37 43.05' W | 12,3 |



